"Je sais que c'est un plan très dur pour les gens." De la compréhension, c'est ce que le patron de l'usine 3M de Pithiviers Luc Rouselet a montré, mercredi, à minuit et demi, au moment de sa "libération" par les salariés grévistes qui le retenaient depuis mardi après-midi . "Si ce qui s'est passé ici a permis de sortir de l'impasse, j'en suis satisfait, et les conditions n'étaient pas si dures", a-t-il déclaré en partant sous les huées de quelques mécontents qui criaient "patron voyou !". Lire la suite l'article
Et pour cause, le site 3M, spécialisé dans la chimie fine et la production de médicaments, a décidé en décembre 2008 de supprimer 110 des 235 emplois du site d'ici fin 2009 et d'en transférer 40 autres dans une société qui doit s'implanter à Pithiviers courant 2009. "Les négociations vont reprendre, et c'est une très bonne chose. (...) Cela va permettre de sortir de l'impasse. J'en suis très content pour les salariés du site de Pithiviers", a toutefois noté le pdg, visiblement éreinté par ces heures de tension.
La décision de laisser Luc Rousselet quitter les lieux a été prise à l'issue de plusieurs heures de négociations, après la signature d'un protocole d'accord entre la direction de 3M-France et les représentants syndicaux. Ce texte prévoit essentiellement la reprise de négociations dès jeudi matin. "Nous avons l'accord de 3M d'apporter les moyens pour répondre à nos revendications. Ces moyens ont été significativement majorés afin de prendre en compte les conséquences sociales de son projet de restructuration", a affirmé Jean-François Caparros, délégué syndical FO. Aucun chiffrage n'a été pour l'instant effectué, a-t-il reconnu, entraînant des manifestations de mécontentement de certains grévistes, minoritaires sur le nombre de personnes présentes, qui regrettaient que Luc Rousselet soit autorisé à regagner la sortie.
La séquestration n'aurait pas été préméditée |